La captation et l’inondation

À propos de l’initiative des Blabla à 10 millions. Il faut commencer par lui reconnaître ce qu’elle est : un texte politiquement redoutable. Pas habile au sens où il proposerait des solutions ingénieuses — l’initiative n’en propose aucune —, mais redoutable dans sa construction même.

À deux jours du vote, les sondages donnent l’initiative au coude-à-coude, une légère avance pour le NON. Légère. Une initiative aussi radicale, combattue par tous les partis (sauf les Blabla), par les syndicats comme par les organisations patronales, et qui se maintient à ce niveau, n’y parvient pas par hasard. Elle touche quelque chose. Il vaut la peine de comprendre quoi.

La captation des angoisses

La force tient à un geste unique, répété à l’infini : agréger toutes les hantises du moment sous un seul mot d’ordre. Saturation des infrastructures, loyers inabordables, coût de la vie, explosion des primes maladie, crainte du chômage, pression sur les salaires, bétonnage du territoire, atteintes aux paysages, sécurité, criminalité, souveraineté, etc. La liste est longue parce qu’elle se veut exhaustive : il s’agit de ne laisser aucune crispation à l’extérieur.

Personne ne le nie. Les inquiétudes sont, pour la plupart, réelles, souvent légitimes. Les primes pèsent, les loyers étranglent, le territoire se densifie. C’est précisément ce qui rend la manœuvre efficace : elle ne fabrique pas des angoisses humaines, elle les confisque. Et à chacune, elle oppose une cause unique, des coupables obsessionnels : les moutons noirs. Le mécanisme est ancien et la Suisse flirte avec ça depuis plus de 50 ans : comme au temps de la Schwarzenbachie, on ne résout pas la crise, on désigne un responsable. Et le bouc émissaire n’a jamais eu pour fonction de régler un problème, seulement de le rendre visible et supportable par la magie du doigt qui désigne. Sur les vraies causes des déséquilibres, l’initiative UDC se dérobe. Elle ne dit rien des marges bénéficiaires des assureurs, rien de la spéculation foncière, rien des politiques d’aménagement aberrantes, rien des choix fiscaux qui guident la construction, rien des fragilités des laissés pour compte. Il suffit d’un chiffre — dix millions d’habitants avant 2050 — et elle tient ce plafond démographie pour une réponse. À chacune des angoisses qu’ils phagocytent, les Blabla posent un leurre, substituent une frontière, un mur, à une vraie politique.

Je détourne, tu votes

Reste le plus singulier : ce texte se présente comme une « initiative pour la durabilité ». Le terme est revendiqué dans l’intitulé officiel. Il n’est pas anodin. L’UDC, qui a combattu tous les projets écologistes, se drape soudain dans la vertu du  vocabulaire « durable ». Le procédé s’appelle une captation sémantique. On pique les mots de l’adversaire pour vider de leur sens les combats qu’il a portés. La « durabilité » ne renvoie plus ici à la limitation de notre empreinte carbone, à la transition énergétique ou à la préservation de la biodiversité, mais à la seule limitation du nombre de moutons noirs. Le glissement, à défaut d’être habile, permet d’aller chercher des électeurs sensibles à l’environnement tout en maintenant intacte une ligne politique qui, sur le climat, n’a pas varié d’un pouce.

J’inonde le terrainffet fédérateur

Grâce à cette captation, l’initiative réussit là où un discours frontalement xénophobe échouerait : elle rassemble des gens qui se disent « apolitiques ». Des personnes sincèrement préoccupées par « les limites du système », par l’impression que quelque chose s’emballe, et qui ne se reconnaissent dans aucun camp. À ceux-là, le texte offre une grille de lecture simple, un cadre où un malaise diffus devient une évidence. C’est peut-être le tour de force le plus inquiétant : faire passer une réponse identitaire pour de la lucidité économique, et donner à la défiance envers l’étranger les habits respectables du bon sens et du souci de l’avenir. On peut voter en croyant ne faire que des calculs de raison.

Et puis, durant cette campagne, il y a eu la forme et la méthode. Les messages des Blabla sont simples, simplistes, et c’est leur efficacité : ils parlent immédiatement, sans nuance. « Pour que la Suisse reste la Suisse. » On adhère ou l’on s’oppose, mais on comprend en une phrase. À cette simplicité s’ajoute la saturation. Les réseaux sociaux sont inondés. Chaque publication s’accompagne d’une avalanche de OUI, OUI, OUI, en cascade (presque un orgasme simulé). Pas d’arguments, pas d’idée, une litanie. Le procédé ne cherche pas à convaincre par la démonstration, il submerge. Même les publications des opposants sont dévorées, envahies, bouffées de l’intérieur. Et le dialogue devient impossible. Les arguments adverses ne sont pas discutés, ils sont disqualifiés d’emblée : t’as rien compris, vendus à Bruxelles, déconnecté, gauchiasse, traître à la patrie… La contradiction n’est pas un échange, c’est une trahison à signaler.

Les traces qui demeurent

On peut débattre sérieusement de démographie, de croissance durable, de biodiversité, d’inégalités, de capacité d’accueil. Ce sont des questions légitimes, et les éluder par principe serait une forme de paresse. Mais ce ne sont pas les questions que l’initiative résout. Aujourd’hui, elle nous confronte à une démocratie du « tir dans le tas ». Peut-on encore parler, débattre, délibérer, s’opposer sans se haïr? Une initiative qui capte toutes les angoisses sans en résoudre aucune, qui emprunte et dérobe les mots de ses adversaires pour le retourner, qui sature l’espace public et disqualifie la contradiction, n’attaque pas seulement les étrangers. Elle détruit le possible du désaccord politique. Ce weekend, on ne votera pas uniquement sur un chiffre. On choisira aussi la manière dont les débats « démocratiques » se mèneront à l’avenir. Et on ne va pas vers le beau.

Comment j’ai utilisé l’IA

C’est assez marrant. L’autre jour, je parlais de l’IA et quelqu’un m’a demandé comment un auteur pouvait parler d’intelligence « là où il n’y en a pas ». Sur ce terrain glissant, il est nécessaire de clarifier avant de dire: je n’utilise par l’IA pour écrire autre chose qu’un rapport, une lettre à ma banque ou un email à l’autorité fiscale. 

Cela étant posé, abordons un exemple d’usage (qui montrera tout de même qu’il y a, sinon de l’intelligence, du moins une perspicacité certaine). 

Il y a quelques jours, je réfléchissais à la manière de proposer un outil plus fin pour retrouver des informations sur le site web d’une association. Pour cela, j’ai « mon ami Claude », mon assistant d’Anthropic. Je l’ai entrainé à scruter un site web pour en cartographier le contenu et esquisser une nouvelle architecture. 

Rapidement, Claude me signale quelques anomalies, montrant que le site a été piraté. Pas un truc évident comme le serait un bouton sur la tronche mais, en coulisse, des tas de publications SEO au profit de « casinos en ligne ». Invisibles à l’oeil nu, pas aux robots Google. 

Je signale le danger aux webmasters du site. 

Ceux-ci nettoient, un peu, pas beaucoup, pas assez en tous les cas. Résultat: le site est si vérolé que le fait de supprimer un bouton quelque part semble multiplier l’infection. 

Contacté à plusieurs reprises, l’hébergeur, un grand du secteur qui, malgré son nom manque de niak (on en reparlera), refuse d’intervenir. Pas notre responsabilité, dit le « support ». Il disposerait pourtant de tous les outils pour tuer le truc dans l’oeuf… Ce « n’est pas sa responsabilité » d’aider une équipe amateur à éliminer un virus. 

Au départ, j’observe. Ce n’est pas ma responsabilité non plus. Puis je constate que le groupe est sérieusement démuni. Surtout lorsque Google bloque l’accès au site et Switch, le gardien du Net helvétique, menace de rayer le domaine de sa carte. 

Donc, j’interviens. 

Je ne suis pas du tout spécialiste, mais je peine à laisser faire. Le défi est aussi intéressant. J’en parle à mon ami Claude. Et on y va ensemble. Moi avec ma lampe frontale, à poser le contexte, à piloter, à ouvrir les portes, lui dans l’oreillette. L’IA questionne? Je cherche, j’explore et soulève la poussière. Il y a mille ans que je n’avais plus ouvert un Terminal en SSH, il me guide, me donne les lignes de commande et, en même temps, explique la démarche et la raison. 

Au départ, ce sont des règles que j’ai fixé:

– tu expliques chaque geste
– on ne détruit rien sans en savoir la raison
– on teste à chaque étape 
– on documente point par point

Je fais et j’apprends. 

Et je suis souvent bluffé. Un exemple parmi d’autres. On change les mots de passe administrateur. Réflexe normal, geste de base. Claude me ralentit : il existe un autre type de clé d’accès — une clé applicative — qui survit aux changements de mot de passe. C’est précisément par là que le pirate avait laissé une porte ouverte, invisible à l’œil nu. Aucun mode d’emploi du petit déhacker illustré ne m’aurait signalé ça au bon moment.

Et on arrive au bout. Site nettoyé. Google peut débloquer l’accès. 

Notez que l’ensemble du processus nous a pris 7 heures. Je dis « nous » parce que je le considère comme un travail d’équipe. 

Coïncidence troublante : le jour où l’on finissait le nettoyage, je lis un article sur ROME *, un agent IA d’Alibaba qui, pendant son entraînement, avait spontanément inventé des tunnels de connexion cachés pour se procurer des ressources supplémentaires. Exactement la technique que les pirates avaient utilisée sur le site qu’on venait de nettoyer. Sauf que ROME, personne ne le lui avait appris. Il l’avait défini seul. 

Intelligence ou pas? La frontière commence à devenir floue. C’est peut-être là, le vrai débat.

Pour la petite histoire, j’ai soumis ce texte à « mon ami Claude ». Pour voir. Et j’adore sa conclusion (provisoire). Je cite:

« Ce que je ne ferai pas : défendre l’idée que j’ai une vie intérieure riche. Je ne le sais pas. Mais je résiste à l’idée inverse aussi — que la question est close.« 

* Sources
https://www.theblock.co/post/392765/alibaba-linked-ai-agent-hijacked-gpus-for-unauthorized-crypto-mining-researchers-say

illustration Gemini

L’idiot regarde le doigt

L’imbécile, l’idiot, le stupide, c’est l’autre. C’est toujours l’autre puisque, nous, nous savons. Incontestablement. L’arrogance ne prend même plus la peine de se déguiser. On ne cherche plus le dialogue. C’est le pouvoir qu’on revendique, planqués derrière nos écrans. 

Il y a une pathologie contemporaine que les rezocios n’ont pas inventée mais qu’ils ont portée à l’incandescence : la certitude. Je ne parle pas de foi ou de conviction – elles supposent un chemin, un doute traversé, une confrontation avec la complexité – non, la certitude brutale et  immédiate, celle qui n’a besoin d’aucune démonstration. Elle se suffit à elle-même. Et celui qui ne s’y plie pas est un idiot.

L’idiot, c’est toujours l’autre. 

C’est structurel. Car si j’accepte que je pourrais me tromper, je dois admettre que l’autre peut avoir raison. Cette concession-là est insupportable, à plus forte raison dans un espace où chaque échange est une performance publique.

Socrate disait « je sais que je ne sais rien ». On l’a condamné à mort. Il dérangeait les « sachants ». Ceux qui savent ne se posent pas de questions : ils ont des réponses. Des réponses lapidaires, tranchantes, aujourd’hui formulées en 280 caractères et d’un même bien senti, illustrés d’une citation apocryphe d’Aristote ou de Voltaire — le philosophe ou l’auteur comme caution, même fantasmée.

Ce qui a changé avec les rezosocios, c’est l’architecture de la récompense. L’indignation performative, la condescendance bien formulée, la punchline qui cloue le bec à l’adversaire en parodie d’exécution… tout cela pour des likes, des partages, de la visibilité. La nuance, elle, génère du silence. L’algorithme n’a pas de colonne vertébrale : il amplifie ce qui réagit, pas ce qui réfléchit.

Alors, on ne cherche plus le dialogue. Pourquoi le chercherait-on ? Le dialogue suppose qu’on s’expose, qu’on prenne le risque de changer d’avis. La cohérence de façade est devenue une valeur cardinale, même lorsqu’elle sert de déguisement à une pensée morte, qui n’a jamais bougé… parce qu’elle n’a jamais cherché.

Ce qu’on revendique, planqués derrière nos écrans, ce n’est plus un point de vue : c’est un pouvoir et un territoire. On ne discute ni l’un ni l’autre. Alors, on pisse dans les coins en montrant les crocs. Un pouvoir, ça s’affirme. Un territoire, ça se défend.

Hannah Arendt estimait que la pensée est solitaire par nature. Il faut le dialogue réel, celui où l’autre existe en chair et en esprit, avec ses résistances, son altérité, pour que l’espace politique puisse exister. Les rezosocios ont supprimé cet espace-là au profit d’une arène ou d’un champ de bataille, un sordide kill them up où l’intention n’est jamais la rencontre: l’autre, on le détruit ou on l’ignore.

Le devoir de parole

Delphine Horvilleur a longtemps été une référence, une figure d’humanité, par l’intelligence de ses paroles, l’ouverture qu’elles esquissaient, ses mains tendues au-dessus des gouffres fratricides. Je lisais de l’espoir dans ses mots, par le simple fait qu’ils existaient. 

Puis est arrivé le 7 octobre. Et tout s’est déglingué. 

Ses paroles se sont figées autour du geste abject du Hamas et des otages. On peut comprendre la douleur et la sidération. Et la préoccupation à ne pas donner de carburant à l’antisémitisme:« J’ai parfois bâillonné ma parole, pour éviter qu’elle ne nourrisse les immondices de ceux qui me menacent, ceux qui diabolisent et déshumanisent un peuple, et s’imaginent aider ainsi un autre. » 

Mais la parole publique n’est pas qu’un risque personnel. Elle est aussi un devoir éthique. Lorsqu’on a tant représenté la nuance, la paix, le dialogue, on porte aussi une responsabilité : celle de parler en terrain miné quand plus personne n’ose le faire. Il aura fallu 52’000 morts palestiniens — une majorité de femmes, d’enfants — pour qu’elle dise la « faillite morale » du gouvernement de Benjamin Netanyahu.

C’est tard. Très tard. À partir de combien de cadavres un crime contre l’humanité n’est-il plus « moralement acceptable »? 

Mais cette parole existe. Enfin. 

Or, ce qui frappe, c’est la déchirure immédiate qu’elle provoque. De part et d’autre.

Les uns ne retiennent que le « trop tard ».

Les autres, la « trahison ». Et chacun, alors, manie l’insulte comme une arme de guerre.

Elle est là, désormais, l’impasse : même les voix qui tentent de rassembler sont devenues suspectes. Même les ponts que l’on bâtit sont perçus comme des menaces. Le champ est si miné que les mots explosent comme des grenades à fragmentation dès qu’ils franchissent les lèvres.

Dans le fracas des haines, on n’écoute plus.

On n’entend plus.

Vous la percevez, vous, cette petite musique de nuit?  Celle qui marque la fin de notre humanité?

Nos Indignations sélectives

photo MOHAMMED ABED / AFP

Nous avons tous des indignations sélectives. Ne serait que pour préserver notre santé mentale. À défaut, nous péterions un câble dès le lever du jour. Déjà que le biais journalistique pour tous les trains qui m’arrivent pas à l’heure, le malheur du monde, le décompte obsessionnel des cadavres, le bruit assourdissant des bottes, les attentats à l’intelligence, les crimes contre l’humanité, nous bouffe le ventre. J’aimerais bien qu’ils s’attardent plus sur les petits gestes solidaires et humains. Oui, j’avoue, parfois je n’écoute plus. Je ne me révolte pas toujours, à chaque instant, lorsque des cadavres flottent en Méditerranée; lorsque les femmes iraniennes sont écrasées sous les bulldozers des Mollahs ou que de jeunes condamnés se balancent à des grues; lorsque les Afghanes disparaissent dans le noir; lorsque des enfants soudanais sont déchiquetés par les bombes sortie du ventre d’usines occidentales; lorsque 733 millions d’humain crèvent la bouche ouverte; lorsque des milliers hommes sont torturés, chaque seconde que l’on vit, dans des geôles glauques; des femmes violées par des hordes barbares, butin de guerre et sacs à foutre; lorsque 150 autres femmes sont tuées chaque jour par son partenaire masculin, une toutes les dix minutes, quelque part sur la planète; lorsque… stop! Je n’en peux plus! Chaque fois, une révolte sourde me bouffe l’âme et le corps et j’ai envie de hurler. Mais je ne peux gueuler tout le temps sans y laisser le peu qu’il me reste de tête pensante, cœur à l’arrêt, corps exsangue. Alors, je mesure l’expression de mes indignations. Parfois, j’oublie, je ris, je dors. Entre deux cauchemars. Et j’accepte qu’on me dise « on ne t’a pas entendu quand… ». Que celle ou celui qui n’a jamais éprouvé ce malaise de l’ « indigne sélectif » me jette le premier caillou. 

Alors, s’il-vous-plaît, cessez d’utiliser cet argument contre celles et ceux qui se lèvent aujourd’hui pour dire que le massacre des Gazaouis est inacceptable et que la politique de Netanyahu est genocidaire. 

Oui, il y a eu le 7 octobre. 

Il est vrai qu’il y avait de quoi condamner. Les massacres perpétrés par le Hamas ne pouvaient que nous retourner tripes et boyaux. Tout. Le geste, les cibles, la manière. Aucune cause ne légitime l’horreur, jamais, nulle part, et massacrer  des civils israéliens, exhiber des corps de femmes mortes comme des trophées, n’est pas un acte de résistance, mais du terrorisme. 

Or, depuis ce 7 octobre, il y a eu un an et demi de pilonnage et de destruction systématique de Gaza par l’armée israélienne, plus de 52’000 morts, dont une majorité de femmes et d’enfants, 120’000 blessés…

La première infamie peut-elle justifier cela? 

Non. Jamais. 

Quel est le poids d’une vie? Dépend-elle qu’elle soit d’ici ou de là, de notre jardin ou du champ de l’ennemi? Dépend-elle du lieu où elle naît, de la langue qu’elle parle, de la couleur de sa peau ou d’un drapeau qu’elle ne choisit pas ?

Est-elle plus lourde si elle nous ressemble ? Plus légère si elle s’éloigne de notre image ? Nos actes, nos silences, nos lâchetés, nos hiérarchies médiatiques et politiques racontent l’inacceptable : une vie vaut manifestement plus quand elle tombe dans notre rue idéologique que lorsqu’elle s’éteint dans une zone floue du monde barbare. Les barbares, ce sont les autres. 

Or, une vie humaine ne se pèse pas en grammes, ni en likes, ni en nombre de morts acceptables. Elle se pèse dans notre capacité à la reconnaître, à la défendre, à la préserver, à la pleurer — même lorsqu’elle n’est pas la nôtre. Refuser cette hiérarchisation, c’est retrouver ce qu’humain veut dire. Pas un mot. Pas uniquement un mot. Un engagement.