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Le pas de l’éléphant

Le pas de l'éléphant
La couverture du prochain roman, « Le pas de l’éléphant », qui sortira chez Slatkine début 2017.

Sur la 4ème de couv:

« […] je me souviendrai peut-être de cet instant comme l’un de ces fils minuscules, une fragilité suspendue à une toile
d’araignée, un grand écart entre deux pans de vie, la jambe droite allongée pour gagner une rive alors que la gauche ne
parvient pas à quitter l’autre, un millimètre qui nous sépare de l’ici et de l’ailleurs, une fraction de temps dans l’angle
mort du monde. »

Un corps carbonisé dans un vieux phare du cap Fréhel. Une course à la mort dans un bidonville sud-africain. Une femme
dans une prison française en Algérie. La rencontre de Julien Moreau avec un chauffeur de taxi russe lisant Onéguine.
Quel est le lien entre ces trajectoires qui se frottent et se croisent en des lieux et des temps différents ?
Le commissaire Andràs Werther, va mener l’enquête, entre le feu et la mer. Une recherche au cours de laquelle le passé
sans mémoire et les vies que l’on préférerait oublier ressurgissent. Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire, à
entendre ? Le lecteur choisira.

Pierre Crevoisier est auteur et journaliste. Après Mes trous de mémoire et ses nouvelles tissées de poésie, Elle portait un manteau rouge et sa sombre violence, il nous emmène dans le noir d’une enquête policière, là où nous aimerions ne pas aller.

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Dans ses yeux

Une expérience menée à Berlin par Amnesty. D’un côté, des réfugiés (Syriens surtout). De l’autre, des Européens (des Polonais, des Italiens, des Allemands et des Belges) – des gens “ordinaires”. La consigne: se regarder dans les yeux durant 4 minutes.

Les explications d’Amnesty sur le contexte de l’expérience

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Pour écrire un seul vers

Le partage nécessaire, impératif, de ce texte de Rilke, pour écrire un seul vers, dit par Laurent Terzieff

“Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas (c’était une joie faite pour un autre), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers.”

Rainer Maria Rilke (1875-1926) – Les Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910)

Rilke Par Laurent Terzief