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Le silence et l’insignifiance

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Je quitte ces lieux de l’entre guillemet littéraire où l’indifférence est la règle, où personne ne se réjouit des mots de l’autre, où l’on aime par calcul en attendant la réciproque, où l’intérêt se compte et se décompte, où chacun se tait, n’entame aucun dialogue, où l’on se tient à carreau, juste pour observer, surveiller, plus que regarder vraiment, lire vraiment, écouter vraiment ce que l’autre dit, écrit, souffle et pense.

Peut-être devrais-je aussi lâcher le réseau, cette caisse de résonance vide de raisonnance, cet espace où mille paroles nous disent les émois du moi, et moi, et moi. Lorsque le flux remplace le fond, le fond des choses, le fond des bois, le fond de la mer à boire, le fond de nos verres à partager, même le fond touché d’êtres que nous aimons, le profond.

Il y a de belles personnes. Elles viennent des quatre coins du monde. Nos petites rencontres sont du vent dans mes voiles. Elles gardent ma petite barque à flot. Il suffit de quelques mots échangés, vas, vas-y, avançons, j’aime te lire, à l’air, au lit, au citron, je suis là, si as besoin de moi, si tu veux parler, parle, ne dis rien, reste en silence, voyons-nous, je comprends, j’écoute, je t’écoute, je te suis, j’attends la suite, arrêtons-nous un instant et regardons le monde respirer. C’est parce qu’elles existent que je n’écris pas le mot fin ici.

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